07/04/2009

La brasserie de la Paix à Anderlecht

Le vendredi, à Anderlecht, c'est jour de marché, et nous arrivons difficilement rue Ropsy-Chaudron. Sous le soleil de printemps, entre les échoppes des abattoirs, se bouscule une population bigarrée qui donne à l'endroit un air de vacances.

Deux énormes statues de taureaux dominent l'entrée du marché, rappelant qu'ici se termine le sort tragique de la race bovine, perpétuée en élevage uniquement afin de nourrir notre espèce.

Juste en face, dans un immeuble en coin, se situe la Brasserie de la Paix, au numéro 49. Un écriteau à la fenêtre arbore de façon prometteuse le nom de "brasserie gastronomique" et la signature du chef David Martin.

Une fois franchie la porte, on se trouve clairement dans un cadre brasserie. A droite un immense comptoir ou trônent les pompes à bière. La salle est remplie de petites tables serrées très proprement garnies de nappes blanches. Au fond, une cuisine totalement ouverte où s'affaire la brigade de David Martin. Deux grands cadres aux photos 19e siecle rappellent l'origine vénérable de l'endroit. Et déjà le nombreux personnel de salle mène énergiquement le service de cette manière typiquement bruxelloise, criant les commandes au bar et à la cuisine en flamand et français.

J'ai toujours été fan de bonne cuisine de brasserie, des plats canailles faits avec coeur à partir de bons produits locaux et mangés à une table bistro, où la conversation s'engage facilement avec la table d'à côté, de préférence sur un sujet gourmand.

Nous découvrons la carte en sirotant une Kriek et il devient tout de suite évident qu'il faudra revenir. Ligne après ligne s'énoncent sur la carte des plats des plus alléchants. Déjà pointe le désespoir de devoir renoncer à l'un pour favoriser l'autre, qui pourtant, peut-être, devrait laisser priorité à un troisième ? Et une charmante serveuse au regard mutin vient encore ajouter à mon désarroi en annonçant avec un succulent accent flamand les suggestions du jour en surplus de la carte. Que choisir ?

Nous partons pour le Jambon Basque de mon ami Pierre Oteiza séché 24 mois et l'Américain préparé en salle ainsi que le Lard de poitrine de porc pie noir fondant, laqué à la japonaise et en suggestion le Parmentier de queue de boeuf, asperges et morilles. Et pour accompagner le tout, un Saint Joseph.

Dès la première assiette, il apparaît que le nom de brasserie gastronomique ainsi que l'étoile au Michelin sont tout à fait justifiés. C'est beau, c'est bon et les produits travaillés sont dignes des meilleures tables tout en restant dans le registre brasserie (voir la carte sur le site internet). Toutes les tables sont occupées et tout le monde a l'air de bien se plaire, comme en témoigne le brouhaha des dîneurs heureux d'être là.

C'est décidé, il faudra revenir !

http://www.lapaix1892.com/

 

Les commentaires sont fermés.